24/05/2022

Est-ce que mon animal m’aime ?

Un animal est un être sentient.

Définition: du latin sentiens – percevoir par les sens – être qui ressent la douleur, le plaisir, et diverses émotions. Qui a la capacité d’éprouver des choses et de vivre des expériences. 

Les scientifiques ont étudié la capacité des animaux à ressentir des choses, notamment en expérimentant la douleur. C’est en effet une question pertinente au vu de l’utilisation d’un grand nombre d’animaux par l’humain aujourd’hui. Mais la douleur est complexe et la science a déjà des difficultés à la quantifier chez l’humain de façon objective.

Cependant, tout humain est capable de voir la souffrance chez son animal (boiterie, regard triste, mange peu, bouge moins…) Cette souffrance peut être d’origine physique comme émotionnelle.

En effet, en cas de maladie, l’animal peut montrer des signes de douleurs, d’affaiblissement. Mais en cas d’abandon, de séparation d’un compagnon, de changement drastique de mode de vie, de changement de comportement de son humain à son égard… l’animal montre aussi ce type de comportement: regard éteint, apathie, mange peu, ou trop… Il serait inconcevable de penser que notre animal ne peut souffrir émotionnellement, bien que Descartes stipule que les animaux sont dénués de conscience, d’âme et de raison, et réagissent par automatisme aux stimulus.

En effet, à travers les multiples communications animales que j’ai pu faire, ainsi que les shiatsus durant lesquels je reste connectée à l’animal, il me paraît bien impossible qu’un animal soit dénué de tout cela. Sur bien des points, il paraissent même être supérieurs à nous, avec une conscience des autres et une conscience du monde souvent bien plus large que celle que nous, humains, pouvons avoir.

Bien entendu, il n’est pas nécessaire de faire de la communication animale pour le percevoir: il suffit de se connecter, ou plutôt se reconnecter, à ce qui nous entoure. Tout le monde en est capable dès aujourd’hui et je vous invite à essayer de changer régulièrement votre point de vu pour percevoir les choses sous un autre jour. Vous développerez ainsi votre intuition, votre empathie, et vous-même.

Attention: pas d’anthropomorphisme ! Les animaux n’ont pas de réactions humains. Ils restent des animaux, avec un comportement et des besoins liés à leur espèce.

Quelques exemples:

  • Il pleut, je n’ai pas envie de sortir. Je me dis que mon chien non plus ne veut pas se mouiller ! Manque de chance: envie ou pas, c’est un besoin de mon animal. En en prime, c’est un labrador qui adore l’eau.
  • Il y a de la boue partout, je ne sors pas mon cheval du boxe parce que le pauvre il va être tout sale ! Eh non… Il adorerait avoir plus d’espace pour courir et se dépenser plutôt qu’être dans ce box toute la journée.
  • J’adore manger des biscottes au chocolat… Mon chien aussi a l’air d’aimer, en plus c’est un gourmand… Mais quel est l’impact de cette biscotte au chocolat sur SA santé ?
  • Mon chien attaque les autres chiens quand ils s’approchent de moi: il doit être jaloux ! Non. La jalousie n’est pas une émotion similaire chez eux et chez nous, car ça ne fait pas parti de leur comportement (protection de ressource, peur par association….) Les causes sont multiples et il est important de trouver ce qui déclenche ce comportement afin de l’aider.

Bref: tout ça pour dire, attention à ne pas faire de raccourcis et à toujours remettre les choses dans leur contexte afin d’être juste et de faire au mieux selon leurs espèces, et bien entendu selon leurs personnalités.

Comme chaque être humain, ils ont aussi leur personnalité et il faut faire en conséquence: on ne peut pas modeler un animal tel qu’on voudrait qu’il soit, c’est important de le préciser. Parfois, le super cheval de concours qu’on a acheté pour faire du CSO ne VEUT pas faire du CSO et préfère… le dressage ! D’autres fois, le chien qu’on a pris pour faire de la médiation animale ne supporte pas le contact avec les inconnus ! Et puis on a les chats qui n’aiment pas les câlins… Il faut accepter et être à l’écoute: qu’est-ce que cet animal a à m’apprendre ? Car bien sûr, il n’est pas arrivé à vous par hasard… Mais alors, au lieu de le changer, aimez-le et apprivoisez-le, respectez-le tel que vous aimeriez qu’on vous respecte même si vous ne correspondez pas aux standards…

Et puis, à travers toutes ces questions, arrivent souvent celle-ci: mon animal m’aime-t-il ?

J’ai souvent été contacté par des personnes qui se demandent si leur animal les aime. Mais qu’est-ce que l’amour pour un animal ? Au-delà de ça: qu’est ce que l’amour pour VOUS ? Si vous posez la question autour de vous, vous verrez que la réponse sera TOUJOURS différente. 

  • «Prendre soin de l’autre, se respecter, se faire confiance. »
  • «Un regard, un câlin un contact… »
  • « Une relation de confiance et de bien-être entre deux individus »

Vos attentes à travers cette question sont différentes et individuelles.

Au-delà de ça, l’amour, comme le bonheur, est un concept.

Concept: représentation abstraite que se fait l’esprit humain d’un objet de pensée concret et qui lui permet de rattacher les diverses perception qu’il en a. 

Autrement, dit, si la communication animale ou intuitive permet de capter les informations de l’esprit humain ou animal  et d’en transmettre au travers des des perceptions (auditives, olfactives, visuelles, gustatives, kinesthésiques…), comment voulez-vous  demander à un animal s’il aime son gardien ? Ma perception de l’amour est différente de la vôtre, et la leur de la mienne.

Voilà pourquoi c’est une question que je ne pose jamais. En revanche, je leur demande:

« Comment te sens-tu avec ton humain.e ? »

Cette question est large, ouverte, et il peut exprimer ce qu’il souhaite. Il n’y a pas d’attentes de notre part à avoir: on ne peut demander à un être de nous aimer. On peut en revanche lui demander comment il se sent afin de savoir ce qu’on peut faire de mieux pour l’accompagner et pour améliorer notre relation.

Que peut-il répondre à cela ?

« Je me sens en confiance, en sécurité, je ressens de la paix en sa compagnie. »

«  Je suis profondément attachée à lui, et je prends pour mission de le protéger dans la vie. »

«  J’apprécie sa compagnie, tout comme j’apprécie la compagnie de mon troupeau. »

«  Elle fait parti de ma meute. »

Soyons honnêtes: ces ressentis ne valent pas mille fois plus qu’un: « oui, je l’aime » , impalpable, et bien sûr, non mesurable ?

Bien entendu, il faut, quand on pose cette question, être conscient que la réponse peut ne pas nous plaire. Je pars du principe que dans toute réponse, plaisante ou déplaisante, il y a une piste de travail qui nous permet d’améliorer notre relation.

Car un animal qui exprime:

« Je ressens un attachement tellement puissant que je ne peux me séparer d’elle »

Ce n’est pas nécessairement positif. Votre animal peut potentiellement faire de l’hyperattachement, responsable d’un mal être pouvant aller en s’aggravant et provoquant une grande souffrance.

Idem si un animal exprime:

« J’apprécie beaucoup la nourriture que mon humain me donne et le confort que j’ai au quotidien »

Cela ne correspond peut-être pas à votre perception de l’amour et à vos attentes. Mais remettez tout ça dans le contexte: de quoi a besoin de votre animal pour vivre ? Qu’est ce que signifie pour lui la présence de quelqu’un qui subvient à ses besoins ?

Souvent, des personnes me contactent car leur chat est distant et ne semble pas les aimer. Comme tous les êtres, certains sont plus démonstratifs dans leur affection: câlins, ronronnements… D’autres, en revanche, ne viendront vous voir qu’une demi-heure par jour. Pour vous, ce n’est rien, mais pour eux, c’est peut être une marque de confiance et d’affection immense.

« Lorsque vous avez des attentes, vous êtes attaché.e à des idées préconçues sur la façon dont les choses devraient être. »

Ainsi, vous vous demandez si votre animal vous aime, bien souvent par ce que l’ego (la conscience que vous avez de vous même) a besoin d’être rassuré, pour combler un manque, des blessures, ou simplement se rassurer sur sa façon de faire, par exemple.

Voilà pourquoi c’est une question que je ne pose jamais ainsi aux animaux: cette question n’a aucun sens pour eux. En revanche, vous pouvez leur demander:

  • Comment te sens-tu avec moi ?
  • Que puis-je faire pour améliorer ton quotidien ?

Cela vaut pour la question: Es-tu heureux ?

Qu’est-ce que le bonheur ? Il a une définition différente pour chaque être existant sur cette terre. C’est un concept dont on ne peut recevoir la réponse. A la place, vous pouvez demander:

  • Comment te sens-tu dans ton quotidien ?
  • dans ton environnement ?
  • émotionnellement ?
  • avec les autres ?

Bien sûr, les marques d’affection sont visibles et ont été étudiées par des éthologues afin que l’on puisse observer si notre animal nous considère ou non. D’où le fait que l’attachement d’un chien pour nous sera différent de celui de lapin, d’un oiseau, d’un chat, d’un cheval. 

Un chien remue la queue, un chat ronronne, un cheval nous groome, un lapin nous lèche (liste non-exhaustive), mais le plus important est qu’ils sont présents. Comme nous, ils ont leurs personnalités, leurs besoins, leurs désirs, et notre rôle est de faire en sorte que notre relation soit la plus fluide possible, et que les impacts que l’on a l’un sur l’autre soient les plus positifs possible.

Si chaque animal est différent, selon son espèce et selon son caractère, il est important de connaître leurs besoins associés à leur espèce et à leur race: nous ne pourrons jamais remplacer un individu de leur espèce.

Ainsi, mettre un cheval, animal grégaire, seul, en se disant que notre présence quotidienne remplacera celle d’un autre cheval est injuste: vous n’êtes pas cheval, ne pensez pas cheval, ne parlez pas cheval. De la même façon, que les chiens ont besoin de sortir quotidiennement de leur lieu de vie pour stimuler leurs sens: faire la tour du pâté de maison tous les jours en pensant que cela leur suffit est une réduction humain.

(Attention: l’état de santé n’est pas ici pris en compte).

Vous êtes un être humain, et lui un animal: votre relation est un mélange de plusieurs émotions, qui bougent dans le temps.

Rien n’est fixe, et le principal n’est pas de savoir s’il nous aime, mais de savoir s’il se sent bien avec nous et comment faire pour entretenir une belle relation.

Les animaux viennent à nous pour une raison: ils nous choisissent, et ont quelque chose à nous apprendre. Alors acceptons-les tels qu’ils sont, avec leurs façon de s’exprimer et leurs démonstrations d’affection personnelles.

Une bonne relation n’est jamais acquise: c’est quelque chose qui s’entretien.

Si votre animal ne vous montre pas de signes d’affection, cela peut-être dans sa personnalité, ou alors ça peut être une période. Toujours est-il que le but est de comprendre et d’accepter l’Autre, et de se détacher des attentes que l’on pourrait avoir et que la société peut nous imposer.

Ecoutez-vous, écoutez-les, quotidiennement, afin d’avoir des liens stables et sains !