02/07/2024

Immobilité chez le cheval

Le cheval est un être qui est constamment en mouvement. De par sa nature et sa conformation, il a besoin de marcher pour manger, assurant ainsi une bonne digestion en plus de sa survie:

  • son système digestif est fait pour que le mouvement permette un bon fonctionnement des organes et donc de la digestion
  • être en mouvement permet de pouvoir fuir en cas de danger. L’état statique représente un risque supplémentaire d’être attaqué.

Si aujourd’hui, le cheval ne vit plus à l’état sauvage, il n’empêche que sa nature voudrait:

  • qu’il puisse être en mouvement constamment pour chercher sa nourriture, boire et avoir des interactions
  • qu’il puisse fuir un danger à chaque instant

Or, aujourd’hui, on retrouve des chevaux qui vivent dans des espaces restreints, avec moins de recherche alimentaire à faire et donc des états plus statiques.

La recherche de l’immobilité

Lorsqu’on commence à travailler un cheval, on lui apprend à tolérer l’immobilité:

  • rester à l’attache
  • s’arrêter quand on le demande et garder la posture autant de temps qu’on le souhaite
  • être immobile au montoir
  • s’arrêter sur demande, dans n’importe quelle situation

Il s’agit bien sûr de règles de sécurité: le cheval apprend à faire attention à nous. Nous devons être en sécurité, et lui aussi. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’à l’origine, en cas de stress, le cheval bouge pour se mettre dans une posture qui lui redonne du confort.

Exemple: le cheval entend un bruit derrière lui. Il a besoin de faire demi-tour pour regarder ce que c’est. Il a bougé pour analyser, et décide ensuite si l’alerte est vraie ou pas. Bien sûr, il s’agit aussi d’un apprentissage: apprendre à regarder l’origine du stress pour redescendre en tension.

Quand l’excès de contrôle blesse la relation

Sous couvert de sécurité, l’humain a tendance à demander l’immobilité constante et ne pas tolérer le mouvement. Il y a bien sûr des nuances, des moments où l’immobilité ne se négociera pas. Mais chaque cheval ne sera pas émotionnellement apte à rester dans l’immobilité tout en étant détendu.

Immobilité ne veut pas dire confiance et relaxation. Un grand nombre de chevaux paraissent calmes, ne bougent pas, qu’ils soient à l’attache, au travail à pied, ou monté. Il ne bouge pas une oreille et reste dans un cadre strict. Pourtant, parmi eux, se cachent les stressés invisibles. Ceux qui ont acquis que l’immobilité était nécessaire mais qui, à l’intérieur, sont profondément stressé. Cela provoquera ainsi de grands déséquilibres:

  • système digestif (ulcères, mauvaise digestion, …)
  • mentaux (perte de confiance, renfermement sur soi, enfermement des émotions – cheval robot -, manque de maturité, comportements explosifs…)

Le cheval a besoin de bouger, et nous devons pouvoir lui apprendre à bouger pour évacuer le stress sans que cela ne soit dangereux pour nous. Ce n’est pas mon travail, il s’agira ici du travail des professeurs et éducateurs, et le vôtre. Nous devons absolument trouver la balance de chaque cheval:

  • quand est-ce que l’immobilité est forcée ?
  • quel mouvement accorder à son cheval pour permettre d’évacuer la tension tout en gardant la situation en main ?
  • comment l’aider à être plus serein face aux situations qui provoquent chez lui du stress ?

Si, en cas de stress, on immobilise de force le cheval sans l’aider à réfléchir, nous pouvons soit nous mettre en danger, soit provoquer des tensions internes violentes chez lui. Ce n’est pas parce que c’est invisible que ce n’est pas grave.

En revanche, apprendre à son cheval a réagir au stress pour qu’il soit capable de prendre des décisions intelligentes AVEC nous, c’est:

  • développer son intelligence et son autonomie
  • lui montrer que vous êtes une équipe qui est capable de communiquer
  • arriver à trouver de l’immobilité SEREINE et non forcée.

Rester dans le cadre

L’immobilité peut aussi être vue ainsi. Au travail (dressage, CSO, Trec, équitation de travail…), notre cheval doit faire ce qu’on lui demande et respecter les règles. Si, en plein tri de bétail, il décide de sauter en l’air ; en plein piaffer, il décide de partir au galop ; il embarque après l’obstacle… ce sera un problème.

Car l’immobilité dans le sens : ne pas bouger – on en a parlé. Mais il y a aussi le fait de rester dans le cadre demandé sans en sortir ! Cela peut être une question de sécurité, comme une question de sport et d’évolution.

Certains chevaux sont très stressés car au travail, ils ne peuvent pas s’exprimer. Ils font ce qu’on leur demande, et le font bien. Mais à l’intérieur, on retrouve des tensions digestives, de la frustration, de la peur parfois…

Et tous les déséquilibres énergétiques, physiologiques, émotionnels, qui peuvent en découler ! Bien sûr, le shiatsu aidera, mais c’est son humain référent qui, au quotidien, aura le pouvoir de changer les choses de façon durable.

En effet, dans ce cadre, il sera bon de trouver le juste équilibre: permettre au cheval de proposer ses mouvements, en lui donnant un limite. Le cadre, ce n’est pas RESTREINDRE: c’est autoriser une marge de liberté. Si vous êtes clairs avec cela, vous n’aurez pas besoin d’être dans l’excès de contrôle et le cheval aura la possibilité d’avoir sa part de liberté.

Ce travail n’est évidemment pas le mien: je suis communicatrice animalière et praticienne shiatsu.

J’entends donc les messages de votre cheval, et j’aide à rééquilibrer son état physique et émotionnel pour qu’il puisse bien fonctionner au niveau locomoteur, mais aussi être bien dans sa tête.

Mais nous travaillons en équipe: faire intervenir un professionnel, c’est bien. Mais vous faites aussi partie intégrante du programme. Apprenons à nos chevaux que le mouvement est autorisé dans une certaine mesure. Apprenons leur à réfléchir et analyser les situations. Ils peuvent s’appuyer sur nos, mais sont aussi capables de juger des situations par eux-mêmes.

Le monde du cheval est merveilleux: faites des erreurs, apprenez, aimez-les, aimez-vous.